La
société libérée, voulut afficher la canne,
peut - être, pour faire comprendre que le pouvoir changeait de
main. Jamais la canne ne fût autant produite, variée et
portée qu’au XIX° tant en France qu’en Europe.

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Mais
au début du siècle, elle reste portée par
la bourgeoisie, la haute bourgeoisie et la noblesse. On assiste
bien à un processus de démocratisation de la mode
et du costume, mais qui est basé sur l’ascension
sociale : celui de l’apparence, de l’étiquette
et du code de l’élégance.
L’homme
moderne du XIX° se promène ou vaque à ses affaires
une canne légère à la main, recourbée
ou droite, selon la mode. C’est l’apogée de
la canne, ornée d’un pommeau d’or elle s’accorde
aux bottes vernies et aux gants jaunes des jeunes « lions » et
devint l’habituée du café de Paris.
Dès que
son maître sort, elle l’accompagne partout, elle connaît
tous ses secrets et rien n’est plus amusant que d’observer
le port de la canne. Rien n’indique plus le caractère
que la façon dont on la tient, rien ne dévoile plus la
pensée que les gestes que l’on fait avec. |
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Quand
un homme se promène, il est facile par l’attitude de sa canne
de connaître son état d’âme. S’il
est d’humeur heureuse et tranquille il tient sa canne par
le milieu et la balance horizontalement par des mouvements égaux.
S’il est agacé il la cogne violemment et obliquement
de la pointe contre le trottoir. S’il est mécontent
de la vie il scande sa marche en la plantant en terre fortement.
S’il est satisfait de lui même et en quête d’admiration,
il la porte « en bouteille », c’est à dire
qu’il la tient par le milieu la pointe en avant et l ’oscille
de haut en bas par des mouvements rapides. S’il est inquiet,
il s’en tape le mollet de temps en temps. S’il est
triste, il la tient en dessous du pommeau, la pointe en bas en
la serrant contre sa poitrine. Dans les moments d’enthousiasme,
quand perdu dans la foule, il suit les impulsions irraisonnées
de la masse, il la brandit en l’air et souvent la coiffe
de son chapeau.

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L’orgueilleux tient sa canne par le pommeau et marche avec ; à chaque
pas qu’il fait il la plante en terre, le bras tendu, et décrit
avec ce dernier un cercle très grand, comme s’il entendait
par là déblayer le chemin et se faire une place. Le
futile la tient par le milieu et la roule entre ses doigts. L’irrésolu
la laisse glisser dans sa main et en cogne par petits coups répétés
la pointe en terre. Le coléreux met les mains derrière
le dos, tient sa canne par le milieu et s’en frappe les omoplates.

L’envieux la porte en avant, la pointe au ras de terre et la tient
un peu en dessous du pommeau. L’imbécile en suce la pomme.
Le paresseux l’accroche à son bras ou à sa poche.
Le volontaire la porte en cravache. 




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Mr
Le Bargy acteur disait : « nous devons rechercher quels
agréments la canne peut donner à la conversation
: ils me paraissent multiples… je dois reconnaître
avec tous les gens de goût que je possède de merveilleux
effets de canne. Ma canne est anxieuse : dans ce cas je suis
debout et la fait osciller régulièrement devant
moi avec la régularité mélancolique d’un
balancier. Ma canne est amoureuse : j’en appuie câlinement
la tête contre mon col, qu’elle semble baiser. Ma
canne est ironique : voyez la pointe vibrer et menacer avec élégance
l’adversaire que ma voix persiffle. Ma canne est désespérée
: je la laisse traîner derrière moi et semble laisser
sur le tapis un sillage de navrement ».


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Porter
la canne est un art qui se devine ne s’apprend pas. Celui
qui n’est pas venu au monde avec des dispositions naturelles ne
la portera jamais avec grâce. Suivant de quelle manière
on la tient , elle vous prête l’air d’un niais, d’un
homme d’esprit ou d’un bourgeois important. Elle a même
le pouvoir de donner de la contenance à celui qui en manque.
 En
France nous honorons du nom de brave l’homme qui en provoque
un autre, et nous accusons de lâche celui qui aura refusé de
se battre, c’est pourquoi le duel à la canne épée
a eut son heure de gloire.
Le duel étant basé sur le droit du plus fort, il a été l’acte
le plus contraire aux lois de la justice ; ce qui prouve qu’il
restait dans notre société un regain de coutume féodale
qui consistait à se faire justice soi-même.
La Bastonnade : vient de batuo, batuis battre et de bâton qui
en vieux Français s’écrivait baston.
Il est le premier des châtiments infligés
aux hommes, esclaves ou libres.

La bastonnade était une peine infamante employée seulement
dans les armées, les soldats mercenaires étaient bâtonnés
par les romains ,les romains par les centurions.
En Angleterre, en Autriche, en Prusse, la canne est un
instrument de justice militaire en voici un exemple au XIX° dans l’armée
anglaise.
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