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Histoire de la canne 12

La Canne au XIX° siècles


La société libérée, voulut afficher la canne, peut - être, pour faire comprendre que le pouvoir changeait de main. Jamais la canne ne fût autant produite, variée et portée qu’au XIX° tant en France qu’en Europe.


Mais au début du siècle, elle reste portée par la bourgeoisie, la haute bourgeoisie et la noblesse. On assiste bien à un processus de démocratisation de la mode et du costume, mais qui est basé sur l’ascension sociale : celui de l’apparence, de l’étiquette et du code de l’élégance.

L’homme moderne du XIX° se promène ou vaque à ses affaires une canne légère à la main, recourbée ou droite, selon la mode. C’est l’apogée de la canne, ornée d’un pommeau d’or elle s’accorde aux bottes vernies et aux gants jaunes des jeunes « lions » et devint l’habituée du café de Paris.

Dès que son maître sort, elle l’accompagne partout, elle connaît tous ses secrets et rien n’est plus amusant que d’observer le port de la canne. Rien n’indique plus le caractère que la façon dont on la tient, rien ne dévoile plus la pensée que les gestes que l’on fait avec.


Quand un homme se promène, il est facile par l’attitude de sa canne de connaître son état d’âme. S’il est d’humeur heureuse et tranquille il tient sa canne par le milieu et la balance horizontalement par des mouvements égaux. S’il est agacé il la cogne violemment et obliquement de la pointe contre le trottoir. S’il est mécontent de la vie il scande sa marche en la plantant en terre fortement. S’il est satisfait de lui même et en quête d’admiration, il la porte « en bouteille », c’est à dire qu’il la tient par le milieu la pointe en avant et l ’oscille de haut en bas par des mouvements rapides. S’il est inquiet, il s’en tape le mollet de temps en temps. S’il est triste, il la tient en dessous du pommeau, la pointe en bas en la serrant contre sa poitrine. Dans les moments d’enthousiasme, quand perdu dans la foule, il suit les impulsions irraisonnées de la masse, il la brandit en l’air et souvent la coiffe de son chapeau.


L’orgueilleux tient sa canne par le pommeau et marche avec ; à chaque pas qu’il fait il la plante en terre, le bras tendu, et décrit avec ce dernier un cercle très grand, comme s’il entendait par là déblayer le chemin et se faire une place.


Le futile la tient par le milieu et la roule entre ses doigts. L’irrésolu la laisse glisser dans sa main et en cogne par petits coups répétés la pointe en terre. Le coléreux met les mains derrière le dos, tient sa canne par le milieu et s’en frappe les omoplates.


L’envieux la porte en avant, la pointe au ras de terre et la tient un peu en dessous du pommeau. L’imbécile en suce la pomme. Le paresseux l’accroche à son bras ou à sa poche. Le volontaire la porte en cravache.


Mr Le Bargy acteur disait : « nous devons rechercher quels agréments la canne peut donner à la conversation : ils me paraissent multiples… je dois reconnaître avec tous les gens de goût que je possède de merveilleux effets de canne. Ma canne est anxieuse : dans ce cas je suis debout et la fait osciller régulièrement devant moi avec la régularité mélancolique d’un balancier. Ma canne est amoureuse : j’en appuie câlinement la tête contre mon col, qu’elle semble baiser. Ma canne est ironique : voyez la pointe vibrer et menacer avec élégance l’adversaire que ma voix persiffle. Ma canne est désespérée : je la laisse traîner derrière moi et semble laisser sur le tapis un sillage de navrement ».


Porter la canne est un art qui se devine ne s’apprend pas. Celui qui n’est pas venu au monde avec des dispositions naturelles ne la portera jamais avec grâce. Suivant de quelle manière on la tient , elle vous prête l’air d’un niais, d’un homme d’esprit ou d’un bourgeois important. Elle a même le pouvoir de donner de la contenance à celui qui en manque.


En France nous honorons du nom de brave l’homme qui en provoque un autre, et nous accusons de lâche celui qui aura refusé de se battre, c’est pourquoi le duel à la canne épée a eut son heure de gloire.

Le duel étant basé sur le droit du plus fort, il a été l’acte le plus contraire aux lois de la justice ; ce qui prouve qu’il restait dans notre société un regain de coutume féodale qui consistait à se faire justice soi-même.


La Bastonnade : vient de batuo, batuis battre et de bâton qui en vieux Français s’écrivait baston.

Il est le premier des châtiments infligés aux hommes, esclaves ou libres.


La bastonnade était une peine infamante employée seulement dans les armées, les soldats mercenaires étaient bâtonnés par les romains ,les romains par les centurions.

En Angleterre, en Autriche, en Prusse, la canne est un instrument de justice militaire en voici un exemple au XIX° dans l’armée anglaise.